Jeunesse

La Mouche qui arrêta la guerre

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Trois mouches sont rongées d’inquiétude : les humains qui habitent la maison dans laquelle elles vivent ont commandé une nouvelle arme redoutable : une tapette à mouches électrique. Les voici obligées de fuir. Direction le Népal, où, selon un documentaire télévisé que l’une d’entre elles a vu, jamais les moines ne feraient de mal à une mouche. Comme il n’y a pas de vol direct, elles prennent l’avion jusqu’à Assambad, ville dévastée par la guerre, avant de trouver un moine et de le suivre parmi les siens. « Les moines étaient des hommes sages, qui avaient choisi de vivre en paix avec tous les être vivants du monde. Ce n’était pas la voie de la facilité, plutôt celle du bonheur. » Mais l’odeur des fleurs et les infusions leur font perdre leur appétit ; elles souhaitent retourner à Assambad où, hélas, la guerre, pressentent-elles, de nouveau se prépare. Comment faire pour l’empêcher ? Elles sont petites et noires, personne ne les voit, comme si elles n’existaient pas. Elles doivent pouvoir agir. Elles doivent pouvoir empêcher le « chef de guerre » de poursuivre ses sinistres opérations. La vie est « une chance », elles sauront bien l’en convaincre. Le salut par les mouches ? « Une gigantesque leçon », que les mouches elles-mêmes rapporteront en écrivant un livre ! Belle histoire, que conte là Bryndís Björgvinsdóttir (née en 1982), professeure à l’Iceland Academy of the Arts, auteure d’autres livres, primés à plusieurs reprises, pour les enfants et les adolescents, et à l’initiative, en 2015, d’un appel pour l’accueil des migrants syriens en Islande.

 

* Bryndís Björgvinsdóttir, La Mouche qui arrêta la guerre (Flugan sem stöðvaði stríðið, 2011), trad. Ingveldur St. Ivanez, Bayard (Jeunesse), 2016

 

Sanglant hiver (

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Islande, aujourd’hui. Bergljót est une adolescente qui rêve de se rendre à une soirée et d’approcher enfin Grímur, un garçon à peine plus âgé qu’elle. Bragi, son jeune frère, n’aime pas trop le tofu. Quand ils ne sont pas contents face à leurs parents ou face au monde entier, ils ne prononcent « quasiment plus un mot pendant le reste du repas ». Bergljót et Bragi partent dans la maison de campagne familiale avec leur père, tandis que leur mère est retenue à Reykjavík pour raison professionnelle. Soudainement, autour d’eux, les humains se mettent à vomir, avant de mourir, et de mystérieuses créatures les dévorent. Des extraterrestres ? Des montres surgis des profondeurs marines ? Il n’y a bientôt plus âme qui vive. « La nation entière semblait avoir plié bagage. » Bragi disparaît et Bergljót se retrouve seule avec son père, avant qu’un inconnu peu sympathique et une policière les rejoignent. Quel terrible événement s’est produit ? Une attaque extraterrestre, avec la complicité d’une bonne partie de la population humaine ? Serait-ce donc la faute à la « cupidité », comme l’affirme Viking, un vieil homme qui passe son temps à surveiller les extraterrestres, convaincu qu’ils sévissent sur notre planète depuis fort longtemps. « Ces créatures sont loin d’êtres bêtes ! Ce sont des guerriers surentraînés d’un autre monde, des soldats avec plusieurs millions d’années d’expérience ! » Les sacrifices humains des Indiens d’Amérique centrale, naguère, leur sont imputables. Comme… le génocide perpétré par les nazis. Car « les dieux étaient des extraterrestres ». Nos dieux. La folie des hommes s’explique ainsi. La planète Terre n’est que le garde-manger de ces êtres sans pitié. Bragi et Bergljót échapperont-ils aux extraterrestres ? Signé Hildur Knútsdóttir (née en 1984), Sanglant hiver est un vrai roman de science-fiction, avec une intrigue finement développée et d’intéressantes questions de fond. Récompensé par le Prix de la littérature féminine islandaise, catégorie Jeunes adultes, en 2016, ce premier tome d’un diptyque devrait réjouir plus d’un ado, voire nombre d’adultes.

 

* Hildur Knútsdóttir, Sanglant hiver (Vetrarfrí, 2016), trad. Jean-Christophe Salaün, Thierry Magnier, 2017