Arts

La Lumière venue du Nord

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Née à Helsinki en 1972, Elina Brotherus est une artiste s’intéressant à la photographie et à la vidéo. Elle explore « la figure humaine mêlée au paysage » et « le regard que l’artiste porte sur son modèle », nous dit la notice biographique de ce livre, La Lumière venue du Nord, catalogue d’exposition de ses photographies au Pavillon populaire, espace d’art photographique de la ville de Montpellier. C’est d’ailleurs le directeur artistique de ce lieu qui retrace la vie et la carrière de Elina Brotherus et la perspective artistique selon laquelle il convient, selon lui, d’observer ses œuvres. Celles-ci font toujours se répondre individus, femmes ou hommes, et paysages urbains, ou de montagne ou de campagne, interrogeant la place que nous occupons dans un univers finalement très travaillé. Ses photographies sont souvent conçues comme des tableaux. Le « moi » est décliné avec une rigidité qui, non sans surprise, finit par séduire. Relevons encore que Elina Brotherus intervient en France depuis des années, notamment avec des danseurs, et que ses photographies ont déjà été publiées ici. « …Derrière ces lumières, derrière toute cette beauté poursuivie avec une obstination et un succès rares, la fêlure intime vient resignifier ce qui a pu, faussement, se montrer comme l’exercice de style maîtrisé d’une photographe contemporaine surdouée », écrit Gilles Mora.

 

* Elina Brotherus, La Lumière venue du Nord, Hazan/Montpellier, 2016

 

Écouter Sibelius

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Même les amateurs de musique ne connaissent pas forcément très bien Jean Sibelius (1865-1957), compositeur peut-être un peu passé de mode aujourd’hui. « Écouter Sibelius en Finlande, interprété par des musiciens finlandais, dans un festival d’été isolé en pleine nature, expose le visiteur au risque certain de ne pas prendre le vol du retour », écrit Éric Tanguy (né en 1968), assisté de la journaliste Nathalie Krafft. Par ailleurs lui-même musicien de haut rang et auteur de musiques de chambre et concertantes, Éric Tanguy se revendique de Radulescu, de Dutilleux et de Sibelius. Sibelius, dont toute l’œuvre est liée étroitement à son pays sans qu’il soit pour autant un compositeur « nationaliste », est souvent donné comme le chantre de la Finlande. À juste titre. Pour preuves Finlandia (1901) ou Karelia (1893), œuvres d’envergure qui font que Sibelius peut être comparé tour à tour à Beethoven et à Brahms, à Berlioz et à Tchaïkovski. « Écoutons Sibelius, ce géant universel venu de Finlande au tournant de deux siècles, ce compositeur du doute qui retravaillait ses œuvres alors qu’elles étaient déjà créées, ce créateur d’un univers à la magie singulière, ce visionnaire dont la manière à la fois intellectuelle et sensuelle de penser la musique s’adresse à nous, aujourd’hui. » Un bel essai, intelligemment argumenté et propre à nous donner envie d’écouter et de réécouter longtemps le compositeur finlandais suédophone : « Toute la musique de Sibelius m’a fait réfléchir ».

 

* Éric Tanguy (avec Nathalie Krafft), Écouter Sibelius, Buchet-Chastel (Musique), 2017