Théâtre

Play alter native, La Mort d’Orkhon, Le Meurtre honteux de la rue Skippergata

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Une petite maison d’édition bretonne, Les bras nus, vient d’avoir la bonne idée de publier trois pièces de théâtre de Finn Iunker : Play alter native, La Mort d’Orkhon, et Le Meurtre honteux de la rue Skippergata. Né en 1969, Finn Iunker est l’un des dramaturges norvégiens contemporains les plus joués dans son pays ; le succès le récompense également à l’étranger. Il traite de questions d’actualité quelque peu à la façon des contes. Ainsi, dans Play alter native, s’interroge-t-il (quelque part entre le Henrik Ibsen de L’Ennemi du peuple et le H. C. Andersen des Habits neufs de l’empereur) sur la question du pouvoir et, au-delà, de la légitimité et de la légalité. « Dans un royaume coulait une rivière qui fut un jour empoisonnée. Les habitants y burent et devinrent fous. Seul le roi continuait à boire sa propre source et restait normal. » La Mort d’Orkhon voit des personnages converser à Oulan Bator, en Mongolie, pays où abondent les touristes : « Et quand il y a quelque chose dont ils ont besoin, qui leur manque, ou qu’ils veulent, et qu’ils découvrent que ce quelque chose existe, ils sont prêts à payer pour. » Ces personnages vivent comme ils le peuvent, difficilement, jusqu’au jour où la roue tourne : « …On est plus des mendiants maintenant. On est des artistes. » Et les voilà qui tuent le père, autrement dit l’auteur, Finn Iunker lui-même ! Le Meurtre honteux de la rue Skippergata (ou de la Skippergata puisque « gata » signifie déjà « rue »), commence par une pénible scène de viol. Un voleur de vélo est arrête peu après. Il nie, un procès a lieu, il est condamné, incarcéré. La victime est vite oubliée. « Je ne suis personne. Je suis une demoiselle anodine du quartier portuaire d’Oslo. J’ai été tuée et jetée dans une cave en 1957. Les documents de l’affaire Torgersen pèsent des tonnes. Mon cœur ne pesait pas plus de 230 grammes. (…) La vie venait tout juste de commencer. » Finn Iunker se revendique de l’art brut. Ses textes s’inspirent de ce qu’il voit, de ce qui a lieu autour de lui. Leur pertinence n’est est que plus forte.

 

* Finn Iunker, 3 pièces brutes (Play alter native, La Mort d’Orkhon, Le Meurtre honteux de la rue Skippergata), Les bras nus, 2017