Arts

Every day

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Le photographe Lars Tunbjörk a mené, d’avril à juin 2012, une résidence d’auteur en France, dans la région de Beauvais. Le résultat ? Un livre aussi déroutant que séduisant, qu’ont publié les éditions Diaphane : visages, en gros plan, d’hommes et de femmes, salariés dans diverses entreprises du Beauvaisis, machines d’usines, bureaux, mobilier urbain, parkings, déchets, espaces dits verts, détails de rues… Ce que chacun voit, au quotidien, sans toujours prendre le temps de s’arrêter, de réfléchir. Pourquoi telle forme pour tel objet, ou pourquoi cette chose est-elle placée ici et non pas ailleurs ? Lars Tunbjörk, écrit dans sa préface Christian Caujolle, « nous entraîne (…) dans sa découverte du monde en jouant sur la contradiction profonde de la photographie : le réalisme d’une imagerie dépendant du réel préexistant qui se pare des atours de la preuve alors qu’elle n’est capable d’aucune vérité ». Originaire de Borås, Lars Tunbjörk est un photographe reconnu en Suède, qui a déjà signé plusieurs ouvrages. Sa vision de la société française, parcellaire, est, pour cette raison sans doute, éclairante. Au point, ajoutons, d’en être même parfois inquiétante.

Un Suédois à Paris au XVIIIe siècle

Catalogue un suedois a paris au xviiie siecle la collection tessin

Les habitués du Centre culturel suédois, dans le quartier du Marais à Paris, connaissent le nom de Tessin puisque l’une des salles de l’Hôtel de Marle, où se trouve le Centre, est ainsi baptisée. Ambassadeur de Suède à Paris de 1739 à 1742, fréquentant nombre d’artistes, missionné par le roi Fredrik Ier pour défendre les intérêts de son pays, le comte Carl Gustaf Tessin (1695-1770) fit l’acquisition durant ces trois années d’un nombre impressionnant de tableaux, avec pour objectif de refléter les différents genres et écoles d’alors : Chardin, François Boucher, Rembrandt, etc., et également nombre de primitifs allemands, flamands et italiens et de dessins de maîtres. Il se sépare de sa collection à son retour en Suède, pour résorber ses dettes, ce qui eut pour effet positif d’éviter leur dispersion. Une grande partie de cette collection au caractère unique est aujourd’hui propriété du Nationalmuseum de Stockholm, coorganisateur, avec le musée du Louvre, de l’exposition (du 17 octobre 2016 au 16 janvier 2017, à Paris, au musée du Louvre), que l’amateur peut aussi contempler dans un beau livre. « Le XVIIIe siècle demeure par excellence celui des relations franco-suédoises. Les conséquences en sont encore sensibles aujourd’hui, en particulier dans les domaines de l’art et de la culture », rappelle à juste titre dans sa préface Berndt Arell, directeur du Nationalmuseum, tandis que Magnus Olausson trace, lui, la biographie de Carl Gustaf Tessin, issu d’une famille francophile : « homme politique et homme de cour, diplomate, haut fonctionnaire, artiste, écrivain, historien, collectionneur et philosophe, (un homme) capable de susciter à la fois admiration et rejet parmi ses contemporains. »

 

* Un Suédois à Paris au XVIIIe siècle/La Collection Tessin, Louvre éditions/Liénart, 2016