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Le Garçon de l’ombre

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De Carl-Johan Vallgren, on connaissait déjà, en français, Les Aventures fantastiques d’Hercule Barfuss (Lattès, 2011) et L’Homme-sirène (Lattès, 2015), deux romans plutôt originaux. Le dernier paru, Le Garçon de l’ombre, appartient, lui, au genre policier. Une poussette d’une main, un jeune garçon au bout de l’autre, un homme s’apprête à rejoindre sa femme, à Stockholm. Il lâche son garçon pour prendre l’ascenseur, le confiant à une femme inconnue qui propose de monter l’escalier avec lui. À l’arrivée, l’enfant a disparu. « Qui avait fait le coup ? Soit il s’agissait d’un forcené solitaire, soit il y avait eu complicités. Un chantage qui avait mal tourné ? (…) Un réseau de pédophiles ? » Des années après, Joel, le frère du garçon, devenu adulte, disparaît mystérieusement. Sa femme est convaincue qu’il n’est pas parti de son plein gré et engage pour mener l’enquête Danny Katz, un informaticien doué et porté sur l’héroïne, qui, en dépit de leur différence de classes sociales, fut l’ami de chambrée de Joel lors de leur service militaire. Mais l’épouse est assassinée et le coupable laisse délibérément des indices qui accusent Danny Katz. « Un succès international » affirme un bandeau sur la couverture. Bof ! dirons-nous. La seule touche non convenue de ce roman policier est qu’il nous emmène, brièvement, dans la diaspora juive de la capitale suédoise. Mais au-delà, peu d’intérêt. Toutes les ficelles sont tirées : des héros suspectés, des hasards qui tombent vraiment bien, des rebondissements à foison, des invraisemblances en pagaille, de l’amour perturbé, de bons sentiments en veux-tu, en voilà… Quant à la troisième partie du livre, c’est, selon nous, un concentré de tout ce qu’un auteur devrait éviter dès lors qu’il entend conserver des lecteurs.

 

* Carl-Johan Vallgren, Le Garçon de l’ombre (Skuggpojken, 2013), trad. Esther Sermage, JC Lattès, 2016

 

Le Tunnel

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On ne saurait le nier, Carl-Johan Vallgren a peaufiné son roman. Le Tunnel compte de nombreux personnages (certains déjà présents dans L’Enfant des ombres) et tous sont méticuleusement décrits, à l’instar de ce Danny Katz, par exemple. Le lecteur fait connaissance avec ses grands-parents et ses parents (et notamment Benji, son père, actif antinazi), Juifs exilés en Suède au cours de la Seconde Guerre mondiale. Il découvre également le monde de la prostitution et plus encore celui de l’industrie du film pornographique. Relevons que Carl-Johan Vallgren (né en 1964) semble s’amuser à doter ses personnages de noms d’auteurs contemporains : ainsi Danny Katz (Daniel Katz est un excellent auteur finlandais, cf., par exemple, Le Grand-père Benno ou Œil pour œil, chien pour cochon) ou Jennifer Roslund (avec son acolyte Börge Hellström, le Suédois Anders Roslund a signé plusieurs romans policiers : La Bête, L’Honneur d’Edward Finnigan, etc.). Le Tunnel compte en fait trois personnages principaux, Danny Katz, Jorma Hedlund et la policière Eva Westin, qui se connaissent pour avoir partagé un lointain passé de toxicomanes, comme s’en souvient cette dernière : « …Les années sombres de son adolescence, la consommation d’héroïne, les gangs (…), les terribles événements auxquels elle n’avait pas le courage de repenser… » Chacun est au centre d’une intrigue, et ces trois histoires vont progressivement se rejoindre, jusqu’au dénouement de l’enquête. Un polar conventionnel, pas déplaisant.

 

* Carl-Johan Vallgren, Le Tunnel (Svinen, 2015), trad. Esther Sermage, JC Lattès (Thriller), 2017