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Guerre et marques

Unknown 27

Il est un peu dommage, voire carrément exaspérant, que certains auteurs se sentent obligés de parsemer leurs romans de noms de marques, sans que cela apporte quelque chose, sinon la pénible impression d’errer dans une galerie marchande (de luxe, ici) : marque du téléphone portable, des paires de chaussures, du pull, de l’après-rasage, de la montre, des draps, des chaises, des canapés, de tout le mobilier, sans oublier évidemment celles des véhicules, des hôtels, des boissons, des… ! Ouf ! C’est le cas dans ce livre, Apnée, premier roman de Joakim Zander, qui relève par ailleurs plus du roman d’espionnage que du policier. Il s’ouvre par un attentat à Damas en 1980 : une voiture explose, tuant une jeune femme. Il se poursuit en Suède, avec l’apparition de Mahmoud Shammosh, doctorant de l’université d’Uppsala, qui s’intéresse aux conflits armés et aux droits de l’Homme. Il continue à Bruxelles, avec l’implication d’une agence de lobbying dans la tentative d’étouffer de graves atteintes aux droits de l’Homme, tandis que Klara Walldéen, ex-compagne de Mahmoud Shammosh et employée au Parlement européen, semble être dans le viseur de mystérieux tueurs. « Nous ne tuons personne (…). Nous sommes en guerre. Les soldats ne tuent pas, ils combattent pour la survie de leur pays. C’est ça que nous sommes. Des soldats. Ce que nous faisons, c’est ce qui permet au monde de continuer à fonctionner. » Le rythme de ce roman est enlevé, le lecteur ne s’ennuie pas. Les manipulations innombrables des divers acteurs des conflits armés tissent la trame. Un roman bien construit mais qui agace, tellement noms de marques, pseudo-considérations sur le design et autres futilités, écartent des questions plus cruciales et notamment celle de ces fameux droits de l’Homme.

 

* Apnée (Simmaren, 2013), trad. Marianne Ségol-Samoy et Karin Serres, Actes sud (Actes noirs), 2015