Idées reçues

+ « Il n’est pas moins stupéfiant qu’au lieu de s’enfermer chez lui à tout jamais ou de s’exiler dans un igloo en Laponie ou simplement de se mettre une balle dans la tête… » : Javier Cercas, L’Imposteur (El Impostor, 2014), trad. de l’esp. Élisabeth Beyer et Aleksandar Grujičić, Actes sud, 2015. Des igloos chez les Inuits, d’accord, mais chez les Sames, non.

 

+ Pour contrer l’une des idées reçues les plus récurrentes à propos des Pays du Nord en général et de la Suède en particulier, rappelons que le taux de suicide en Suède (11,7 pour 100 000 personnes en 2010) est inférieur à celui de la France (17,8) et près de deux fois au-dessous de celui du Japon (21,2). Source : OCDE 2012 in Le Monde, dossiers & documents, mai 2013. La pénombre et le froid ne sont pas inexorablement synonyme de morbidité ni de mortalité… !

Sur France Culture, Brice Couturier (nous citons de mémoire) : « Même en Suède, la politique sécuritaire gagne du terrain. Ainsi, des gardes ont pris place sur le pont entre Stockholm et Malmö… » (17 novembre 2015 – après les attentats de Paris.) Combien de gardes sur ce pont, de loin le plus long du monde ?

 

+ Charlie hebdo est un titre qui nous est sympathique (« Je suis Charlie ») mais qui, sur les Pays nordiques, n’échappe pas plus que d’autres aux idées reçues. Pour preuve (dans son numéro n°1214 du 28 octobre 2015), ces deux brèves dans la page « les couvertures auxquelles vous avez échappé » : « Le centre d’Oslo totalement piétonnier en 2019. Le plus dur va être de trouver des piétons qui voudront aller se faire chier là-bas. » Parce que les villes nordiques, c’est bien connu, sont toutes sombres et tristes… ! Et puis, plus bas : « Une attaque raciste dans une école en Norvège avec un sabre fait deux morts… » L’école se trouve en réalité à Trollhätan, localité du centre de la… Suède. Norvège ou Suède, peu importe, l’ambiance dans ces deux pays est mortifère, n’est-ce pas ?